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TEXTE D'OPINION


L'accès des jeunes aux films de torture

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La solution (2)

Je propose donc un nouveau système de classement : la cote S pour convenable uniquement aux adultes sadiques. Il peut bien sûr porter le nom que vous désirez. Par exemple, la cote B pour individus blasés seulement. Ou peut-être RV pour réellement vil ou peut-être la cote TA pour torture amusante ou encore la cote IEI pour spectateurs insensibles et émotionnellement immatures ou peut-être même la cote SFSPEPDAO : les sensations fortes sont de plus en plus difficiles à obtenir.

Moi-même, je préfère la simple cote S. Elle possède un petit côté obséquieux qui joue bien son rôle.

Très bien. Quels sont les obstacles devant la mise en application d'une cote S ? Premièrement, tout film stigmatisé d'une cote S perdrait instantanément une immense part de sa clientèle (tout comme la cote américaine NC-17 tant redoutée ou encore notre risible cote X) et Hollywood le sait. En gardant le système de classement aussi étendu que possible, ils peuvent permettre à tous d'y aller : monsieur et madame J'ai-entendu-dire-que-c'est-un-bon-film, les sadiques blasés qui peuvent sentir un film comme celui-ci deux kilomètres à la ronde et les pubères adoratrices de Brad Pitt.

Voilà ! Succès assuré aux guichets.

Les studios s'opposeront de toute évidence à tout nouveau système de classement comme notre cote S hypothétique. C'est déjà assez difficile pour eux lorsqu'un film reçoit la cote R ou une cote NC-17 devant supposément les priver du marché lucratif des 14-18 ans. Imaginez si un film devait être réservé aux adultes sadiques : même les sadiques seraient trop embarrassés de se présenter ! Une cote de S serait comme un baiser de la mort dans les salles de cinéma.

Exactement comme pour les films pornos, aucun parent sensé ne permettrait à un enfant de visionner un film classé S sortant en version vidéo. Mais de la manière dont vont les choses, les enfants continueront d'être exposés à ce matériel.

La réalité (2)

Le seul fait de penser que l'on crée, met en marché et distribue de tels banquets macabres d'images horribles à ces précieux êtres que sont les enfants est encore plus révoltant que la thématique et le contenu de Sept et la série de films de même nature. Nous envoyons nos enfants dans ces immenses salles de projection pour qu'ils puissent être bombardés de scènes de torture et de meurtre sur des écrans de 10 mètres, avec des systèmes de son géants afin d'ajouter de l'effet et nous expédions ces mêmes images à la maison grâce aux vidéos et à la télévision à la carte pour que nos jeunes puissent se régaler encore et encore et encore et encore de ces atrocités.

Nous montrons à nos jeunes des films non-recommandables. Des films de torture.

Si vous faisiez une telle chose à votre chien, vous seriez probablement arrêté. Il est assez grave qu'une société puisse permettre à l'un de ses secteurs d'offrir des images macabres de mort comme divertissement de qualité. À mes yeux, la perversité de cette situation est si évidente qu'elle n'a même pas besoin d'être démontrée. Mais un divertissement de qualité pour nos enfants ?

Il paraît évident que l'industrie du film est hors de contrôle. Ce n'est pas seulement visible par le niveau de violence effarant, mais également dans la nature et la raison d'être de la violence. Des scènes atroces de plus en plus fréquentes, de plus en plus excitantes, de plus en plus réelles, de plus en plus horribles nous sont montrées à nous et à nos jeunes en guise de commentaire social et artistique de pointe, souvent accompagné de thématiques de désespoir apocalyptique.

Pour citer le Sphinx, joué par Jim Carrey dans Batman Forever : Suis-je allé trop loin ? Je ne le sais jamais.

L'industrie du cinéma montre les mêmes symptômes. Si elle ne peut se contrôler, quelqu'un devra jouer le rôle de shérif avant qu'il ne soit trop tard.


Source : Ce texte est tiré d'une lettre de Doug Atkinson au Ontario Film Review Board. Reproduit avec permission.
Doug Atkinson est le co-auteur d'une chronique sur la vidéo dans le magazine pour parents Sesame Street et du livre Videos for Kids: The Essential, Indispensable Parent's Guide to Children's Movies on Video (Prima Publishing, 1995). Il est également le cofondateur de The Original Kids Video Company, 40 Scollard St., Toronto.

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