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La réalité
J'ai de mauvaises nouvelles pour vous. J'assistais à une représentation d'après-midi du film Le Prédateur d'Arnold Schwarzenegger (classé AA) il y a de cela quelques années et la salle était remplie de jeunes enfants. Le seul avantage de cette situation, c'est que vous pouvez voir au-dessus de leur tête. Mais pensez aux nerfs fragiles de ces jeunes... Je pouvais à peine entendre l'extra-terrestre démembrant ses victimes à travers leurs cris aigus et dérangeants de terreur, plus particulièrement de cet enfant de 5 ans au bord de l'apoplexie dont les parents ont finalement compris le message qu'il n'avait peut-être pas de plaisir avant de partir.
Mais croyez-moi, ce n'est pas le pire. Réfléchissez-y : votre jeune de Secondaire II peut aller voir Sept de lui-même.
L'avertissement du film dit bien sûr qu'il n'est pas convenable aux enfants. D'accord. Montrez-moi un jeune de 14 ans où que ce soit qui pense toujours être un enfant. Et pendant que vous y êtes, trouvez-moi un jeune de 14 ans qui éviterait un film dont le contenu inclut un langage cru et de la violence. Vous pourriez en trouver un ou deux. Peut-être.
Ce qui compte, c'est que vos jeunes de 14 ans peuvent voir ce film sans votre accord, sans que vous ayez la chance de discuter de ce film, de son message horrible ou de sa violence à lever le coeur ; en fait, sans que vous sachiez même qu'il l'ait vu.
Vous pensez que des jeunes de 14 ans n'ont pas vu ce film ? J'ai d'autres mauvaises nouvelles pour vous. Lorsque j'ai questionné les employés de quelques salles de cinéma au sujet de l'âge de leur clientèle, on m'a répondu qu'une partie de l'auditoire n'était pas accompagnée et définitivement âgée de moins de 18 ans. Grosse surprise : Brad Pitt est une icône pour les jeunes adolescentes. Elles vont accourir pour le voir, peu importe le film dans lequel il joue et la qualité du film n'est qu'une forme de bonus infernal.
Les solutions
Le critère utilisé par le Ontario Film Review Board aurait peut-être avantage à être revu et je suis d'accord avec cela. Mais ce n'est certainement pas le rôle de ce Conseil de surveiller nos enfants. C'est à nous d'y voir. Son travail consiste à s'assurer que les films respectent certains critères et de fournir autant d'information que possible pour que nous puissions faire des choix informés.
Mais en bout de ligne, des jeunes qui sont tout juste assez âgé pour croire qu'ils ne sont plus des enfants peuvent aller voir des films comme Sept. Et les salles de cinéma ne les en empêcheront pas. En fait, ils n'ont pas le droit de les en empêcher.
D'accord. Classons ces films R pour Restricted (interdit aux moins de 18 ans). Ça devrait régler le problème, vrai ?
Faux. J'ai encore plus de mauvaises nouvelles pour vous. Même si Sept avait été classé R et que les enfants n'avaient pas accès à la salle de cinéma, beaucoup d'entre eux pourraient tout de même le visionner tôt ou tard parce que le réel problème, c'est que ces films d'accès réduit, c'est que l'accès n'en est pas du tout réduit. Aussitôt qu'ils sortent en vidéo, la partie est perdue.
L'inévitable
De toute évidence, les enfants n'ont pas le droit d'assister à un film classé R dans les salles de cinéma (mais ils le font). Et pratiquement tous les films d'importance classés R sortent en version vidéo. Bien sûr, il est également interdit de montrer un vidéo classé R aux jeunes de moins de 18 ans, mais nous connaissons tous le domaine du film vidéo.
Beaucoup de boutiques de location de vidéos loueront à qui que ce soit. Ils doivent le faire. Ils ne peuvent se permettre de refuser une seule location. Même si plusieurs boutiques réputées refusent de le faire, beaucoup de parents, exaspérés par l'insistance de leurs adolescents, iront louer des films classés R et permettront à leurs jeunes de les regarder et même d'utiliser ce film comme raison pour passer un bon moment avec eux.
Dans plusieurs cas, il ne s'agit pas d'un désastre. Les adolescents survivent habituellement et plusieurs d'entre eux mèneront même des vies heureuses et productives. Que pouvez-vous y faire ? De toute manière, les enfants voient du matériel d'accès réduit et continueront d'en voir.
Source : Ce texte est tiré d'une lettre de Doug Atkinson au Ontario Film Review Board. Reproduit avec permission.
Doug Atkinson est le co-auteur d'une chronique sur la vidéo dans le magazine pour parents Sesame Street et du livre Videos for Kids: The Essential, Indispensable Parent's Guide to Children's Movies on Video (Prima Publishing, 1995). Il est également le cofondateur de The Original Kids Video Company, 40 Scollard St., Toronto.
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