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Portrait de Naomi Klein

naomi_kleinL’auteure et activiste Naomi Klein a été gentiment malmenée dans l’émission Today. [1]

Elle portrait des jeans foncés, enfoncés dans de hautes bottes marron, une chemise blanche impeccable, et un long blazer noir. On l’aurait dite habillée pour la chasse au renard. Elle était superbe.

Elle a passé la journée installée dans le canapé bleu de son salon, devant CNN, en attendant avec impatience des nouvelles de Washington. Elle trompa l’attente à grand renfort de tasse de café et de smoothie. [2]

Naomi Klein est la figure de proue (elle ne voudrait pas du terme « leader ») d’un mouvement mondial contre les compagnies, le libre échange et la mondialisation. [3]

 Ironiquement pour une femme qui a été saluée comme l’auteure d’un « Das Kapital du mouvement anti-corporatiste grandissant », il n’y a rien de grunge chez Klein. Avec sa coupe de cheveux pimpante, ses dents immaculées, et son attitude amicale mais professionnelle, on pourrait facilement la prendre pour une femme d’affaire. [4]

Naomi a passé son adolescence à écrire des poèmes dans sa chambre ou à faire des essais de maquillage dans sa salle de bains. [Sa mère, Bonnie,] était consternée. Elle s’inquiétait que Naomi ne devienne une de ces filles sans cervelle qui ne pensent qu’aux fringues et passent leur temps devant le miroir. « Je crois que notre inquiétude était excessive pour des comportements typiques de l’adolescence, » dit Bonnie. « Elle lisait Judy Blume ! J’étais dans tous mes états. J’étais féministe—et je voulais que ma fille soit bonne en maths. » [5]

Naomi Klein, comme la plupart des étudiants de gauche des années 1980, mobilisa son énergie idéologique pour dénoncer les différents biais présents dans l’université. (Elle se souviendra plus tard, avec un remord admirable, qu’on la surnommait « Miss P.C. » – Miss Politically Correct). Dans les années 1990, Klein se mit à réaliser, comme d’autres étudiants activistes, qu’à l’extérieur du campus on pouvait trouver de plus grandes déprédations que la canonisation de Shakespeare et d’autres hommes blancs morts depuis des lustres. [6]



[1] Wheelwright, Julie. « Brainwashed by the market: What drives Naomi Klein? » The Independent, 14 septembre 2007. <http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/features/brainwashed-by-the-market-what-drives-naomi-klein-464231.html>

[2] MacFarquhar, Larissa. « Outside Agitator: Naomi Klein and the new new left. » The New Yorker, 8 décembre 2008. <http://www.newyorker.com/reporting/2008/12/08/081208fa_fact_macfarquhar>

[3] « Naomi Klein and her flawed brand of anti-brandism. » The Economist, 7 novembre 2002. <http://www.economist.com/printedition/displayStory.cfm?Story_ID=1429429>

[4] « Brainwashed by the market: What drives Naomi Klein? »

[5] « Outside Agitator: Naomi Klein and the new new left. »

[6] Chait, Jonathan. « Dead Left. » The New Republic, 30 juillet 2008. <http://www.tnr.com/story_print.html?id=69067f1c-d089-474b-a8a0-945d1deb420b>  


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