Dans un document du ministère canadien de la Justice, on peut lire entre autres que face à la demande de législation de certains spécialistes, « certains professeurs de droit soutiendraient probablement que même s'il existe une corrélation entre l'exposition à la violence et les actes de violence, ce lien devrait être très étroit pour justifier que l'État prenne des mesures législatives en vue d'interdire cette forme d'expression ».
Il n'existe donc aucune loi sur la présentation de la violence dans les médias au Canada, notamment parce que « lorsque le but de la loi ou de la mesure gouvernementale est de limiter le contenu des formes d'expression, de contrôler l'accès à certaines formes d'expression ou de limiter la possibilité pour une personne de s'exprimer » ce but est contraire à l'alinéa 2b de la Charte canadienne des droits et libertés.
Malgré les difficultés inhérentes à l'exercice législatif en matière de violence dans les médias, les intervenants de tous les milieux concernés se sont mis d'accord sur la nécessité d'agir.
Depuis la fin des années 80, les gouvernements fédéral et provinciaux, de nombreux membres de l'industrie du divertissement de même que des organismes non-gouvernementaux et communautaires ?uvrent de concert afin de baliser la diffusion de la violence dans les médias.
Ces efforts ont donné lieu à une série de codes de conduite en matière de diffusion de contenu violent au Canada. En 1987, l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) présentait une première version de ce qui est devenu son Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision. Ce code a été révisé en 1992 et la dernière version a été rendue publique en 1993.
Le Code d'application concernant la violence à la télévision de l'ACR établit notamment que les radiodiffuseurs ne doivent pas mettre en ondes des émissions qui contiennent de la violence gratuite sous quelque forme que ce soit et qu'ils ne doivent sanctionner, promouvoir ou glorifier la violence ; ils ne doivent pas non plus mettre en ondes des émissions qui contiennent des scènes de violence visant les adultes avant 21 h.
Le Code prévoit aussi des règles bien définies en ce qui a trait aux émissions pour enfants.
Se sont graduellement ajoutés au Code d'application volontaire de l'ACR deux autres documents à caractère déontologique en matière de violence télévisuelle.
Il s'agit de la Politique sur la violence dans les émissions de télévision du CRTC et des Normes et pratiques de la télévision payante et de la télévision à la carte concernant la violence, élaborées par les titulaires de services de télévision payante et de télévision à la carte.
Depuis 1996, le CRTC tient compte du respect de ces codes d'éthique pour le renouvellement ou l'octroi des licences au Canada. Il a toutefois exigé l'élaboration et l'ajout dans les Normes et pratiques des câblodistributeurs d'un système satisfaisant de classification des émissions.
Avec ces codes volontaires de même qu'avec les nombreuses campagne de sensibilisation menées depuis une dizaine d'années, le Canada compte parmi les chefs de file en matière de protection des jeunes publics contre la violence.
Une porte-parole de l'ACR indiquait dans une lettre envoyée aux députés fédéraux le 25 mai 2000 que l'industrie canadienne
« qui travaille en collaboration avec le CRTC et d'autres intervenants sectoriels, a réussi à réaliser la délicate harmonie entre, d'une part, la protection de nos enfants et, d'autre part, la préservation de la liberté d'expression des créateurs, grâce aux mécanismes d'équilibre qu'elle a créés avec ses codes, ses systèmes d'évalutation, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision et le travail du Groupe d'action sur la violence à la télévision (GAVT). »