Même si la plupart des journalistes essaient de rapporter honnêtement les faits, il n'existe pas de reportage totalement objectif. Le point de vue adopté est forcément influencé par les croyances et l'histoire personnelle des reporters, photographes et rédacteurs en chef qui choisissent quelle information et quelles images nous présenter, tout comme la manière de le faire.
Un préjugé peut être délibéré ou involontaire. Tout dépend des motifs de ceux qui vont chercher la nouvelle et de la fiabilité de leurs sources.
La plupart des reporters et des journalistes sont des adultes qui, tout naturellement, voient le monde d'un point de vue d'adulte et supposent que leur auditoire, lui aussi essentiellement adulte, partage la même vision. Les préjugés en rapport avec l'âge peuvent influencer l'importance accordée aux questions concernant les jeunes, tout comme l'angle choisi pour les traiter.
Les stéréotypes peuvent être aussi un effet secondaire du manque de temps. Les journalistes des quotidiens et des bulletins de nouvelles n'ont souvent qu'une journée pour rassembler les faits, écrire et présenter leur reportage. Il peut arriver qu'ils n'aient pas le temps de considérer les différents aspects d'une situation. Ils ont besoin alors d'images toutes faites, rapides et faciles, et d'expressions stéréotypées à mettre en manchette.
Pour survivre, la presse écrite ou télévisée a besoin d'un maximum de lecteurs ou de téléspectateurs. Raison de plus pour produire des reportages courts, frappants et facilement compréhensibles par le grand public. L'utilisation de stéréotypes peut alors réduire une question compliquée aux raisons complexes en un simple conflit entre « bons » et « méchants ». Cela arrive souvent quand un média cherche à dramatiser les faits ou ne dispose que d'un flash de 10 secondes pour expliquer une situation.
Parce qu'ils sont à la recherche d'images et d'histoires capables d'attirer un maximum d'audience, les médias ont tendance à privilégier violence, crimes, tragédies et désastres divers. (Vous n'avez qu'à remarquer aux nouvelles télévisées l'importance accordée tous les jours aux incendies et aux interventions policières !) Accidents de voiture et échanges de coups de feu retiennent sans aucun doute l'attention du public, mais une consommation constante d'images violentes finit par déformer sa vision du monde. Et ce côté noir de l'information signifie que les jeunes (et d'autres groupes minoritaires) n'apparaissent le plus souvent dans les nouvelles que dans un contexte de crimes, de drogues, de violence ou de mort.