Stéréotyper un groupe peut affecter la manière dont la société le perçoit et changer les attentes qu'elle en a. Avec le temps, le public finit par considérer le stéréotype comme la réalité et non plus une représentation parmi d'autres.
Les médias peuvent se révéler particulièrement dangereux dans la création et le renforcement des stéréotypes. L'impression actuelle et généralisée que violence et criminalité juvéniles sont à la hausse, ou même hors de contrôle, en est un bon exemple.
Une impression dont les médias sont en grande partie responsables par leur couverture systématique d'événements inquiétants : batailles armées dans des écoles secondaires, adolescents qui se poignardent entre eux ou activités criminelles de soi-disant gangs de jeunes.
Pourtant selon les statistiques, la situation est tout autre. Statistique Canada révèle que, depuis des années, les homicides commis par les jeunes sont en décroissance. En 2001, 30 jeunes ont été accusé d'homicide au Canada. Il s'agit du plus bas niveau de criminalité juvénile en 30 ans, 18 causes de moins que la moyenne des 10 dernières années qui s'élevait à 48.
Entre 1987 et 1997, la proportion de jeunes inculpés pour une infraction contre les biens, le type de crime le plus commun chez les jeunes, a constamment diminué.
Alarmés par les titres à sensation, politiciens et groupes de pression réclament « des mesures plus sévères » envers les jeunes contrevenants pour lutter contre la criminalité juvénile. Tout cela en dépit de statistiques qui prouvent que la criminalité chez les jeunes Canadiens est en constante diminution depuis plusieurs années (baisse de 21 % entre 1989 et 1999) et que les jeunes délinquants sont dans certains cas plus sévèrement condamnés que des adultes coupables du même type de délit (Statistique Canada 2000).
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« On nous parle sans cesse des jeunes des cités, des délinquants, des drogués, des alcoolos ? Nous ne sommes pas tous comme ça ! Arrêtez de nous montrer du doigt, nous n'y sommes pour rien. »
La voix des jeunes, forum de l'UNICEF sur les jeunes et les médias
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Les stéréotypes négatifs n'affectent pas seulement la vision que les adultes ont de la jeunesse, mais la manière dont les jeunes se perçoivent eux-mêmes. La conviction que le reste du monde ne vous comprend pas et ne vous respecte pas n'encourage pas l'estime de soi.
Les autres groupes minoritaires noirs, autochtones, femmes, homosexuels ou lesbiennes ont tous eu à souffrir de l'effet pervers des stéréotypes et de la mauvaise image que les médias projetaient d'eux.
La plupart ont su se mobiliser pour éduquer la presse sur les questions qui les concernaient, combattre les stéréotypes et obtenir une meilleure représentation de leurs communautés.
Un garçon de Montréal, âgé de 15 ans, résume bien les sentiments ressentis par beaucoup d'adolescents. « Les jeunes d'aujourd'hui, dit-il, sont intelligents contrairement à ce que pensent certains adultes. Nous sommes des êtres humains normaux. Pourtant nous souffrons de discrimination. Ce n'est pas bien. Pour rejoindre les jeunes, il faut les écouter, leur faire confiance et les respecter. La manière dont je m'habille et la musique que j'écoute ne font pas de moi quelqu'un de " mauvais ". Je suis moi tout simplement. » (Canada's Teens: Today, Yesterday, and Tomorrow)