Il est important de connaître vos droits avant une entrevue.
Les journalistes sont soumis aux lois provinciales et fédérales relatives au respect de la réputation et de la vie privée des gens. Ils doivent respecter aussi leurs propres codes journalistiques. Ainsi, l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et la Radio and Television News Directors Association (RTNDA) se sont dotées d'un code d'éthique pour traiter plaintes et conflits.
Tout média d'information peut également avoir son propre code d'éthique, officiel ou non, que ses journalistes sont tenus de respecter. C'est le cas de la Société Radio-Canada. On peut consulter ses pratiques et standards journalistiques sur son site.
Cette section vous présente un aperçu général de vos droits, tels que définis par la loi et les pratiques journalistiques courantes. On y mentionne quels sont vos recours lorsque la loi ne vous protège pas et quoi faire si vous pensez que vos droits ont été violés.
Autorisation et consentement
Il n'existe actuellement aucune loi exigeant la permission des parents ou de l'école avant d'interviewer des enfants ou des adolescents. Le fait de parler à un journaliste, en sachant que vos propos pourront être rapportés, est un consentement suffisant.
Toutefois si un journaliste vous demande une interview à l'intérieur de votre école, vous pouvez refuser. S'il insiste, le directeur de l'établissement peut lui demander de quitter le terrain de l'école. S'il refuse, il peut être accusé de non-respect de la vie privée selon un article du Code civil du Québec portant sur les atteintes de la vie privée d'une personne.
Quant au droit à son image, il n'existe pas de loi explicite à ce sujet. Toutefois un citoyen pourrait poursuivre en dommages et intérêts une personne, qui utiliserait son image sans son consentement, en s'appuyant sur le droit à la protection de la personne et de la vie privée garanti par les lois québécoises.
Pour leur protection, de nombreux médias vous demanderont de leur signer une autorisation écrite avant l'entrevue.
Selon les règlements du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes), un reporter doit obtenir votre autorisation avant de diffuser une entrevue téléphonique, qu'elle soit enregistrée à l'avance ou en direct. La règle ne s'applique cependant pas si vous téléphonez de vous-même à une émission du genre tribune ouverte.
Divulgation d'identité
Un journaliste qui vous parle devrait s'identifier en tant que tel et déclarer ses intentions. La loi ne l'y oblige pas, mais on considère, éthiquement et professionnellement, que c'est la règle à suivre.
Vous n'êtes jamais, en aucun cas, forcé de donner une entrevue. Votre droit de refus est entier. Si vous voulez vous exprimer, tout en protégeant votre identité, vous pouvez demander que votre nom ne soit pas cité, à parler hors caméra ou à ce que votre image ou le son de votre voix soit brouillés.
Calomnie et diffamation
Vous devez faire attention à ce que vous dites lors d'une entrevue. La liberté d'expression ne vous autorise pas à faire des déclarations susceptibles de nuire à quelqu'un. Dire en ondes, par exemple, qu'un de vos camarades a été impliqué dans une bataille à l'école pourrait être considéré comme de la diffamation (une fausse accusation). L'étudiant pourrait vous attaquer en justice, vous, le journaliste, et ses patrons. Ou il pourrait vous accuser d'écrit diffamatoire (le fait d'imprimer quoi que ce soit qui nuit à la réputation de quelqu'un). Il est essentiel durant une entrevue de ne rien affirmer dont vous ne soyez certain.
Révéler une information délicate à un journaliste, hors entrevue, sous promesse de confidentialité, n'est pas une bonne idée. L'éthique l'oblige théoriquement à ne pas en faire mention, mais tout dépend de sa bonne foi : la loi ne l'oblige pas à respecter sa parole. À moins d'une confiance totale, évitez ce genre de déclarations.
Comment porter plainte
Si vous considérez que vos droits ont été violés durant une entrevue, ou que l'on vous a mal cité, divers moyens existent pour rectifier la situation.
- Envoyez une lettre de protestation au média concerné. Adressez-la au directeur de l'information de la station ou du journal. Vous pourriez aussi en envoyer copie à la personne responsable du « Courrier des lecteurs » de votre journal local.
- Si vous ne recevez pas de réponse satisfaisante dans la semaine, vous devriez contacter les organismes qui régissent les médias. La presse écrite aussi bien que radiotélévisée s'est dotée d'outils pour régler ce genre de conflit. L'Association canadienne des radiodiffuseurs a créé le Conseil canadien des normes de la radiotélévision pour répondre aux plaintes du public sur le contenu de ses émissions. Il existe aussi partout au Canada des conseils de presse régionaux qui répondent aux plaintes du public touchant le contenu des journaux.
- Vous pourriez également envoyer copie de votre lettre à un de vos représentants élus, conseiller municipal, député provincial ou fédéral. (Une lettre envoyée à un député fédéral n'a pas besoin d'être timbrée.)