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Les enjeux particuliers pour les préadolescents et les adolescents

Le marché des préadolescents

undefinedDéfinir le marché des préadolescents (8 à 12 ans) est l'une des plus récentes tendances dans le domaine de la publicité destinée aux enfants. N'étant plus de petits enfants et pas encore des adolescents, les préados commencent à développer leur identité et à accorder plus d'importance à l'image qu'ils projettent. Les spécialistes du marketing ont découvert qu'on peut faire beaucoup d'argent en traitant les préados comme des ados.

L'industrie du marketing incite les préados à grandir rapidement. Les études démontrent que les jeunes de 11 ans et plus ne se perçoivent plus comme des enfants. La Toy Manufacturers of America a rajusté son public cible : elle vise désormais les enfants de la naissance à 10 ans plutôt qu'à 14 ans.

Un rapport réalisé aux États-Unis en 2000 par la Federal Trade Commission indique qu'Hollywood recrute des préados (certains dès 9 ans) pour évaluer des scénarios, des publicités, des bandes-annonces et des premiers montages de films cotés R (réservés aux adultes).

En traitant les préadolescents comme des consommateurs indépendants et matures, les spécialistes du marketing ont réussi à éloigner les parents du tableau, ce qui rend les jeunes vulnérables à des messages potentiellement malsains sur l'image du corps, la sexualité, les relations et la violence.

Le marketing « cool » destiné aux adolescents

Les entreprises profitent des insécurités et les doutes qu'entretiennent les adolescents sur eux-mêmes en leur faisant croire que pour être vraiment cool, ils doivent utiliser leurs produits.

Selon Naomi Klein, auteure de No Logo – La tyrannie des marques, les entreprises ont découvert au cours des années 90 que les jeunes étaient prêts à payer très cher pour avoir l'air cool. Ces dernières s'évertuent depuis à mieux cerner ce concept flou.

Certaines entreprises embauchent des « chasseurs de tendances cool » ou des « espions culturels » pour qu'ils infiltrent l'univers des ados et en ramènent les dernières tendances. Mais demeurer à l'avant-garde des tendances n'est pas une mince affaire, comme l'explique le critique culturel Douglas Rushkoff. « Par le temps qu'une tendance cool est découverte, reconditionnée et vendue aux jeunes dans les centres commerciaux, elle a cessé d'être cool. Les ados se tournent alors vers autre chose, et on reprend tout le processus. »

La colère, l'activisme et l'attitude des adolescents sont devenus des produits que les spécialistes du marketing assimilent, conditionnent et revendent. Il devient difficile de déterminer ce qui est apparu en premier : la culture adolescente ou la version de la culture adolescente mise en marché. Les médias reflètent-ils ce que sont les jeunes d'aujourd'hui ou ces derniers sont-ils influencés par les images des jeunes véhiculées dans les médias ?

Il est important que les parents abordent ces sujets avec leurs adolescents et remettent en question les valeurs matérialistes véhiculées par les médias.

L'image du corps et la publicité

undefinedIl est difficile pour les adolescents de développer une saine attitude à l'endroit de la sexualité et de l'image du corps quand bon nombre des publicités qui leur sont destinées sont remplies de jeunes exceptionnellement minces, en forme, beaux et très attirants sexuellement. Le message sous-jacent est qu'il existe un lien entre le sex-appeal, la beauté physique, la popularité, le succès et le bonheur.

Les créateurs de mode, comme Calvin Klein, Abercrombie & Fitch et Guess, recourent à des campagnes agressives mettant des jeunes en scène. Ces pubs vendent bien plus que des vêtements : elles vendent également une sexualité adulte.

Les études démontrent que même s'ils puisent la plupart de leurs connaissances sur le sexe dans les médias (magazines, télévision, radio et cinéma), la majorité des adolescents déclarent que ce sont leurs parents qui influencent le plus leurs décisions dans ce domaine. Il est donc important que les parents insistent sur des pratiques sexuelles saines et dénoncent les images qui exploitent le corps.

Les images véhiculées par les médias peuvent inciter les jeunes à entretenir de la haine, voire de la répugnance, à l'égard de leur propre corps, ce qui peut conduire à des troubles alimentaires. Longtemps considéré comme un sujet typiquement féminin, l'image corporelle préoccupe de plus en plus les garçons et engendre chez eux aussi des troubles alimentaires. Un sondage réalisé par Santé Canada en 1998 sur la santé des jeunes Canadiens indique qu'en 10e année plus des trois quarts des filles et la moitié des garçons déclaraient ne pas aimer leur corps.

Les études ont également révélé que les garçons, tout comme les filles, pouvaient commencer à fumer dans l'espoir de perdre du poids.

Le tabac et l'alcool

« Les thèmes véhiculés par les images de ces annonces sont bien connus pour accrocher les jeunes, car ils répondent aux désirs d'autonomie et de liberté si caractéristiques chez les adolescents. »

(Source : Richard Pollay, expert en marketing)


Les compagnies de tabac et d'alcool ciblent les jeunes depuis longtemps déjà dans l'espoir de développer une fidélité à la marque qui durera toute la vie.

Il est essentiel pour les compagnies de tabac d'intéresser de jeunes et nouveaux consommateurs à la cigarette afin de remplacer les milliers de personnes qui cessent de fumer chaque année –ou qui meurent de maladies liées à la consommation de tabac.

Les industries du tabac et de l'alcool ciblent les jeunes en :

  • associant dans leurs publicités le fait d'être cool, indépendant et amateur de risques (particulièrement de nature physique) à la consommation de cigarettes ;

     
  • publiant de la publicité dans les magazines lus surtout par les ados, comme Rolling Stone, Maxim ou People ;

  • faisant fumer dans les films des vedettes de cinéma populaires auprès des jeunes ;

  • commanditant des concerts rock et des événements sportifs ;

  • plaçant des publicités près des écoles secondaires : sur des panneaux, dans les abribus et les dépanneurs ;

  • diffusant leurs annonces durant des émissions écoutées par une forte proportion de jeunes, comme Les Simpsons, South Park ou des événements sportifs ;

  • fabriquant et en faisant une large promotion de produits alcoolisés sucrés qui ne goûtent pas l'alcool (comme la Mike's Hard Lemonade).

Les industries de l'alcool et de la bière ont rapidement saisi l'efficacité d'Internet pour atteindre les jeunes. Le Web offre aux spécialistes du marketing un support qui compte pour beaucoup dans la culture adolescente. Sans compter qu'Internet n'est pas réglementé et fait l'objet de très peu de supervision parentale. En 1999, le US Center for Media Education a révélé que 62 % des sites de bière et d'alcool affichaient des contenus et des activités susceptibles de plaire aux adolescents et préadolescents.

 
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