La violence sur Internet
Les jeunes d’aujourd’hui baignent dans une culture médiatique - cinéma, télévision, jeux vidéo et musique - où la violence est omniprésente. Les contenus violents ont certes toujours joué un rôle dans les médias de divertissement, mais leur progression depuis quelques années est spectaculaire. Selon les recherches, ils sont non seulement plus fréquents, mais aussi beaucoup plus crus, sadiques et à caractère sexuel.
Internet ajoute une nouvelle dimension au problème. On y retrouve un univers de violence qui va de pages Web où règne un humour cruel typiquement adolescent à des sites qui n’hésitent pas à diffuser des images de torture et de sadisme. D’un simple clic de souris, les jeunes peuvent télécharger de la musique aux paroles très violentes (parfois censurées dans les disques vendus en magasin) et des images, des vidéoclips et des jeux en ligne tout aussi inquiétants.
Le site anglophone « whowouldyoukill.com » permet aux internautes de choisir des vedettes d’émissions télévisées et de décrire comment ils s’y prendraient pour les assassiner. « Newgrounds.com » est tout aussi populaire : on peut y voir en dessin animé des personnalités se faire humilier et tuer. Selon un sondage mené en 2001 par le Réseau Éducation-Médias, « Newgrounds » se classe en 12e position parmi les sites préférés des garçons de 11 et 12 ans.
Les jeunes aiment également les sites « sanglants ». Soixante-dix pour cent des garçons du secondaire fréquentent des sites comme « gorezone.com » ou « rotten.com » qui montrent des images réelles d’accidents, de tortures ou de mutilations.
Beaucoup d’adolescents considèrent ces sites comme inoffensifs, l’équivalent en ligne des films d’horreur, mais on y trouve une inquiétante combinaison de violence et de sexualité. La page d’accueil de Gorezone prévient les internautes qu’ils entrent sur un site « de nature érotique et à caractère sexuel », puis les prévient qu’il contient également des scènes de mort, de mutilation et de démembrement.
Les adultes – enseignants et parents – devraient se tenir plus au courant des activités des jeunes sur Internet. Le sondage 2001 du Réseau rapporte que 70 pour cent des jeunes interrogés affirment que leurs parents ne leur demandent « jamais » ou « rarement » quels sites ils fréquentent en ligne. La situation est d’autant plus inquiétante que, selon un sondage d’AOL (America Online, inc.) mené en 1999, la plupart des parents sont persuadés qu’Internet est meilleur pour les jeunes que la télévision.
Propos haineux en ligne
On retrouve toutes sortes de propos haineux sur Internet, allant du racisme fanatique à la satire cruelle de nombreux sites populaires chez les jeunes. Des sites comme « Les morts de Kenny » peuvent sembler inoffensifs, mais contribuent à créer chez les jeunes une cyberculture qui considère acceptable la cruauté envers les autres.
On comprend facilement comment certains jeunes plus influençables peuvent passer de sites qui se moquent de l’apparence physique des autres à d’autres plus dangereux qui s’attaquent aux groupes ethniques minoritaires ou aux homosexuels. Les groupes haineux, comme ceux qui militent pour la suprématie de la race blanche, font de plus en plus appel à Internet pour recruter des jeunes. Ils utilisent courrier électronique et bavardoirs privés pour s’attaquer, loin des regards indiscrets, aux adolescents les plus vulnérables.
Ils se servent également de chansons aux paroles haineuses pour rallier les jeunes à leur cause. Les adolescents sont continuellement à la recherche de musique sur Internet et peuvent facilement tomber sur des sites qui vendent, ou donnent, des productions à caractère haineux.
Certains sites ont même des sections spécifiquement conçues pour les jeunes. Ainsi, le Ku Klux Klan leur offre de l’aide pour leurs devoirs tout en leur conseillant de parler à leurs parents de la supériorité de la race blanche si ces derniers n’ont pas encore « saisi ». D’autres sites se donnent une apparence légitime en leur proposant des activités inoffensives et des liens vers des sites de bonne réputation pour les jeunes.
Les sites haineux cachent souvent des mots-clés dans leurs pages de manière à apparaître dans les résultats des moteurs de recherche. Dans le cas d’un site raciste blanc pour femmes, on retrouve ainsi les mots : enfants, jouets, art, jeux et amusements. Tapez l’un d’entre eux, et le site se retrouvera dans les résultats de votre recherche.
Les objectifs des sites haineux ne sont pas toujours apparents à première vue. À en croire son nom, « martinlutherking.org » semblerait en toute logique consacré à la mémoire du grand leader des droits civiques aux États-Unis. En fait, c’est un site haineux de racistes blancs.
Les groupes haineux défendent souvent leurs activités au nom du droit à la liberté d’expression. Ainsi, sur le Web, l’Église mondiale du Créateur prône que les races de couleur sont inférieures et ennemies mortelles de la race blanche. Ce genre d’équivoques peut facilement tromper de jeunes internautes encore inexpérimentés.
Les enseignants peuvent jouer un rôle majeur en aidant les jeunes à développer une pensée critique vis-à-vis des contenus en ligne.
Discutez avec les élèves dès leur plus jeune âge de la violence dans les médias. Ils ont besoin qu’on leur apprenne le respect des autres et comment réagir face à ce genre de contenus. Parlez-leur des conséquences concrètes de la vraie violence et condamnez auprès d’eux les médias qui présentent le spectacle de la mort et de la souffrance comme une forme de divertissement.
Parlez-leur des sites haineux. Ils seront plus aptes à les reconnaître et à les éviter si vous leur enseignez l’histoire du racisme et si vous leur expliquez les stratégies employées par ce type de sites. Aidez-les à identifier comme haineux certains contenus et symboles : par exemple, une croix gammée, des commentaires désobligeants sur la race et l’orientation sexuelle, un portrait caricatural de minorités ethniques ou raciales.
Orientez-les vers des sites qui luttent contre le racisme comme « Fondation Tolérance » ou « Mettons fin au racisme », créé par le gouvernement canadien pour souligner le 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Si vous tombez par hasard sur des propos haineux en ligne, rapportez le fait au fournisseur de services Internet (FSI) qui abrite le site sur son serveur. Votre propre FSI peut vous aider à l’identifier. Vous devriez également alerter votre police locale.
Ressources pédagogiques :
- Reconnaître la haine. Cette activité est conçue pour aider les élèves de la 1re à la 3e secondaire à développer leur sens critique de manière à pouvoir authentifier l’information en ligne et reconnaître préjugés ou propos haineux sur Internet.
- Combattre la haine. Cette activité montre aux élèves de la 3e à la 5e secondaire comment Internet peut servir à la promotion du respect et de l’acceptation des autres.
- La publicité et la violence masculine. Cette activité vise à sensibiliser les élèves de la 3e à la 5e secondaire à la manière dont la violence masculine est utilisée et exploitée en publicité.
- Les conséquences de la violence. Les élèves de la 1re à la 6e année du primaire reconnaissent l'absence ou la représentation irréaliste des conséquences de la violence dans les médias.
- Modification du scénario. Les élèves de la 1re à la 6e année du primaire réalisent qu'il existe des moyens pacifiques de résoudre des problèmes et que les médias ne présentent pas toujours les solutions les plus souhaitables.
- Recensement de la violence au petit écran. Les enfants de la 1re à la 2e année du primaire examinent le nombre de scènes de violence présentées dans les émissions de télévision pour enfants.

Connaître les dangers
Invasion de la vie privée | Pornographie | Cyberintimidation | Prédateurs sur Internet | Pourriels | Désinformation | Contenus violents ou haineux | Jeux de hasard | SOS solutions