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26 novembre 2008
Au bonheur des publicitaires
par Emmanuelle Erny-Newton
Cynique, moi ? Même en Chine, non chrétienne, où la réunion familiale traditionnelle reste le Festival du Printemps, l’ouverture à la société de consommation a permis d’instituer Noël comme la fête des cadeaux. Doux euphémisme, caractéristique de la façon dont nos pays industrialisés nous maintiennent dans un état constant de consommation : consommez pour être heureux ! Or le marketing n’est pas l’art du plaisir, c’est l’art du désir. Principe numéro un : on ne peut désirer quelque chose dont on ne connaît pas l’existence ; la tâche première du marketing est donc de vous faire connaître l’existence des produits, en les diffusant le plus largement possible. Internet, média hyperpuissant, global, et peu réglementé, est devenu le terrain de prédilection des publicitaires, et notamment pour atteindre les enfants. On peut y trouver, notamment :
En matière de diffusion, l’une des forces du marketing en ligne est de passer la main aux utilisateurs : ils deviennent, non seulement cibles de la publicité, mais aussi vecteurs, et même dans certain cas producteurs : les Mentos dans le Coca, vous vous souvenez ? Une blague de potache que Coca Cola et Mentos ont soigneusement récupérée commercialement – coût de la « campagne » : n/a ; succès : immense. Le principe numéro deux d’une campagne marketing réussie est d’associer au produit une « image », une personnalité séduisante. Et moins une publicité sera repérée comme telle, plus elle aura d’impact. Au départ limitée à des « espaces publicitaires » identifiés, la publicité se glisse à présent partout. Vous souvenez-vous de la scène de Pierrot le Fou où Jean-Paul Belmondo s’ennuie à mourir dans une soirée mondaine où tout le monde déclame des publicités sur le ton de la conversation ? C’était une farce outrée en 1965… et une réalité en 2008. Aujourd’hui, les bouteilles d’eau Dasani apparaissent aux côtés des présentateurs du journal télé, Wall-E se réveille en faisant le bruit d’un Mac, les scénarios de séries populaires tricotent serré intrigue et publicité –comme “Sex and the City,” avec Jimmy Choo et Manolo Blahnik. Même les paroles des chansons deviennent le lieu subtil d’immersion des marques : certains fans ont pu s’indigner que Jack White, du groupe White Stripes, mette sa créativité au service (rémunéré) de la campagne Coca Cola 2006 . Mais que dire de ces artistes qui incluent directement les marques dans leurs chansons ? Kanye West mentionnait 19 marques dans ses 4 singles de 2004, battant en ce domaine le vainqueur de 2003, 50 Cent (pour les anglophones, voir Brandchannel.com). Révolue l’époque où un simple magnétoscope pouvait nous débarrasser de la publicité contenue dans un film. Aujourd’hui, la publicité est polymorphe, et les publicitaires des experts en camouflage. Si l’on veut maîtriser leur influence, il ne nous reste plus qu’à devenir aussi malins qu’eux. Suggestions pour une discussion en classe :
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10 novembre 2008
Représentation équitable à la radio et à la télévision
par Emmanuelle Erny-Newton Administré par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision, l’association canadienne des radiodiffuseurs a revu l’année dernière son Code d’application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision, et l’a remplacé par le Code sur la représentation équitable. Limiter les stéréotypes à la dichotomie des sexes n’était à l’évidence pas suffisant dans le contexte multiculturel de la société canadienne.
A la demande de l’ACR, 36 organismes de parties prenantes –groupes ethnoculturels, autochtones, et de personnes handicapées, anglophones et francophones- ont établi des recommandations, formulées dans A l’image des Canadiens –Pratiques exemplaires pour la diversité culturelle à la télévision privée, sur lesquelles l’ACR s’est ensuite appuyé pour établir son rapport La présence, représentation et intégration des personnes handicapées dans les émissions de télévision. L’une des principales lacunes qu’a révélée le rapport est en effet l’absence de normes concernant la présence des personnes handicapées à la télévision, ainsi que leur représentation dans les émissions –elles sont souvent montrées de façon stéréotypée, comme des victimes.
Plus large que son prédécesseur, le nouveau code vise « à éliminer, dans les émissions et aussi dans les messages publicitaires, la représentation, et les stéréotypes indûment négatifs concernant la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental ». La stigmatisation et la victimisation font l’objet d’un article distinct des stéréotypes, ainsi que la dérision des mythes, des traditions ou des pratiques. Le langage et la terminologie sont eux aussi soumis à des lignes directrices, et c’est certainement une bonne chose, si l’on regarde le nombre non négligeable de plaintes que le CCNR a reçues concernant des commentaires inappropriés (généralement sexistes) émanant de commentateurs, à la radio ou la télévision. Le code prend néanmoins en considération le caractère évolutif de la langue, et demande aux radiodiffuseurs de tenir compte des normes en vigueur dans la collectivité pour juger de l’adéquation ou non de certaines tournures et expressions.
Enfin, l’article « Facteurs contextuels » permet de nuancer le Code en donnant la possibilité de justifier des contenus qui enfreignent certains aspects du code. Les contextes sont dans ce cas clairement établis :
Dans chaque cas, les contenus « inappropriés » constituent en quelque sorte l’antithèse qui renforce la thèse de l’émission, thèse qui doit ultimement aller dans le sens d’une représentation équitable des individus.
Arrivant au terme d’une longue liste prescriptive, « Facteurs contextuels », qui clôt le Code sur la représentation équitable, lui confère souplesse et subtilité, et préserve la diversité stylistique et « rhétorique » des émissions de radiotélévision .
Il reste à présent à voir si les plaintes qui auront été déposées cette année devant le CCNR reflèteront une amélioration dans les pratiques du milieu.
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28 juin 2010
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