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9 novembre 2009
Ceci n'est pas une pipe - de Photoshop à la lecture de l'image
par Emmanuelle Erny-Newton
Il semble donc que le facteur culturel (dont la retouche de photos publicitaires n’est qu’un aspect) favorise, mais ne provoque pas l’anorexie. Il est d’ailleurs intéressant de considérer par comparaison que dans les pays arabes, qui valorisent culturellement les femmes bien en chair, on fasse état certes d’obésité féminine, mais pas de boulimie… ![]() Alors que la même photographie n’avait soulevé aucune protestation lorsqu’elle avait servi de couverture au magazine Lire en octobre 2006 (n° 349), sa reprise par le Nouvel Observateur a déclenché une levée de bouclier. La différence ? le journal paraît au beau milieu d’une série de photos dénudées (de Laure Manaudou, Carla Bruni, et Miss France) rendues publiques par des auteurs mal intentionnés. Commentaires
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Ah ! Ce genre de développement (c'est le cas de le dire) se fait si rare que je dois applaudir au bon sens de ce propos. Justement, en guise de sens, il est capital de rappeler qu'une photographie un tantinet porteuse d'esthétique est une intention, un sens possible, une sensorialité refaite à chaque nouveau regard qui se pose dessus.
[URL] - 9 novembre 2009 21:37Et de rappeler encore qu'une image est un regard fait matière. Qu'elle sorte d'un capteur numérique ou d'une émulsion argentique, on la transforme, toujours : c'est nécessaire, constitutif de son devenir d'image.
Je suis d'accord sur le constat d'étrange hypocrisie consistant à panser la société à coup de décrets, comme des patchs-oeillères. Mais bon c'est assez vieux, de flinguer l'incendie et non le pyromane.
Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’hypocrisie de la part de gouvernements, quand ils pensent que légiférer est la solution. Cela évoque la distinction que Neil Postman fait entre « systèmes fermés » et « systèmes ouverts » : les systèmes fermés, comme la religion ou les textes de loi, édictent des règles qui donnent –imposent- à l’individu une conduite en réponse à une situation. Les systèmes ouverts renvoient l’individu à sa propre conscience pour décider de l’attitude à adopter. Ainsi, les systèmes ouverts nécessitent une éducation préalable (à l’éthique, au raisonnement logique, etc.), qui n’a pas besoin d’être présente avec la même urgence dans les systèmes fermés, prescriptifs.
- 10 novembre 2009 15:43De plus en plus, notre monde tend vers les systèmes ouverts. Le fait que, en 1945 pour la première fois, on ait officiellement reconnu le principe de « crime contre l’humanité » est caractéristique de cette évolution : il ne suffit plus de plaider qu’on obéit aux ordres, fût-ce ceux de son gouvernement(..
Chaque individu se doit de garder son jugement critique et de l’appliquer. C’est aussi l’idée développée par Kolhberg lorsqu’il définit les stades de développement moral cognitif :
- 10 novembre 2009 15:511. « morale préconventionnelle : «Obéir pour éviter les punitions.
2. moralité préconventionnelle : Faire valoir ses intérêts égocentriques.
3. moralité conventionnelle : «Satisfaire aux attentes du milieu.
4. moralité conventionnelle : Respecter la loi et l'ordre .
5. moralité postconventionnelle : Rechercher le plus grand bien du plus grand nombre.
6. moralité postconventionnelle : Se référer à un principe éthique universel". http://www.lutecium.org/aejcpp.free.fr/articles/kohlberg.htm
Si tout adulte atteint le stade 4, il n’y en a que 20 à 25 % qui évoluent vers les stades 5, puis 6.
Je gage que les lois sont inventées pour contrôler les 75 % d’individus dont le développement éthique s’est arrêté au niveau 4. L’éducation, quant à elle, tente d’en faire évoluer le plus grand nombre vers les stades 5/6.
Félicitations pour ce blogue si bien documenté. Je prends plaisir à le lire car il donne matière à réflexion à partir de recherches pertinentes et récentes. Étant moi-même spécialiste en analyse des médias, et en particulier sur les questions d'images des filles et des femmes dans les médias, je me réjouis que Éducation-Médias produise de la documentation aussi articulée et vulgarisée.
- 7 avril 2010 16:23Il faut toujours se rappeler que les médias produisent un monde, mais qu'ils ne sont pas le monde. Le problème particulier pour les femmes, c'est que la plupart des images auxquelles on est exposées sont des images de corps féminins qui se veulent des rappels constants que nos corps se correspondent pas à ces images. D'où une certaine impression d'inadéquation plus ou moins omniprésente, et lassante. Cela est susceptible de devenir maladif pour une minorité; cependant, la plupart éprouvent de l'insatisfaction par rapport à ces injonctions perpétuelles à la beauté "parfaite" ou "photoshopée"...