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2 juin 2009

Les torchons et les serviettes : genres, médias, et politique
par Emmanuelle Erny-Newton

Ces deux dernières années nous ont gâté/e/s en matière de femmes politiques : aux États-Unis, Hillary Clinton et Sarah Palin (au premier plan sur la photo, si si…) étaient en lice pour les plus hautes fonctions de l’état ; Ségolène Royal faisait de même en France ; plus proche de nous, Pauline Marois devenait, le 26 juin 2007, la première Québécoise élue au poste de chef d’un parti politique.

Pourtant, il n’en reste pas moins que les femmes sont globalement en retrait de la scène politique par rapport aux hommes, et ce même là où la parité est imposée : en France où la loi prévoit 50 % de candidatures féminines pour la députation à l’Assemblée nationale, celle-ci reste imperturbablement un monde d’hommes, avec moins de 13 % de femmes élues -une preuve, s’il en était besoin, que la loi ne règle pas tout, comme semblent le penser bon nombre de politiciennes canadiennes : Manon Tremblay, professeure agrégée de science politique à l'Université d'Ottawa, rapportait il y a quelques années dans son essai Des femmes au parlement : une stratégie féministe ?, que les femmes députées fédérales n’étaient globalement pas d’accord avec les programmes de quotas, estimant que cette mesure ne permettrait pas de traiter en profondeur l’apparent antagonisme entre les femmes et la politique.

Le problème est que la politique n’est pas qu’une question d’idées –ou d’idéaux. Elle a besoin de s’adresser aux masses, et est en cela dépendante des médias. Elle est donc très largement soumise à son traitement médiatique -et aux stéréotypes qu’il véhicule. Les journalistes mettent en exergue les séances de maquillage de Pauline Marois, glosent sur tailleurs de Rachida Dati ou d’Hillary Clinton… S’il est besoin de vous en convaincre, utilisez l’aptitude naturelle à l’analyse de contenu de votre moteur de recherche : tapez les mots ‘+« Hillary Clinton » +tailleur’. Vous obtiendrez toute une garde-robe : tailleur canari, tailleur rose, tailleur-pantalon ; Effectuez la recherche analogue : ‘+Obama +veste’… la teneur devient différente : « Obama tombe la veste », ou la retourne, c’est selon. ‘+Obama +pantalon’ ? « Obama baisse son pantalon » ; ‘+Obama +cravate’ ? « Obama libre comme sa cravate ».

Étonnant, non ? Lorsqu’on parle d’un homme, les vêtements ne semblent mentionnés que pour leur valeur symbolique. Lorsqu’on parle d’une femme, les vêtements s’en tiennent à leur statut d’étoffe, la description s’arrête à la surface.

Le portrait médiatique d’un politicien et celle d’une politicienne apparaissent donc comme des exercices de style tout à fait différents. Mais ce n’est pas tout. Si l’on se penche sur la façon dont la politique elle-même est caractérisée, le fossé se creuse encore entre hommes et femmes. Il est pratique courante que les journalistes politiques –majoritairement des hommes– utilisent dans leurs commentaires des métaphores se rapportant à la guerre (voir par exemple ce portrait de Gilles Duceppe) ou au hockey, tel Craig Oliver, assurant pour CTV la couverture médiatique des élections de 2000 : « Oliver comparait les chefs politiques à des joueurs de hockey qui lançaient au filet, patinaient hors zone, avaient baissé les bras, étaient battus d’avance ou incapables de compter devant un filet désert. (… ) pas une seule fois Oliver n’a fait mention de la performance de [Alexa) McDonough. Comme si elle n’y était pas. (…) lorsque les journalistes emploient un jargon aussi masculin pour décrire les campagnes électorales, nous sommes confrontés à une difficulté majeure : les femmes sont souvent écartées ou tout simplement ignorées, en particulier celles qui ne se conforment pas aux attentes et n’adoptent pas le « comportement typique de tout politicien », c’est-à-dire autoritaire, agressif et combatif. »

Cette analyse de la docteure Joanna Everitt, Professeure associée en science politique à l’Université du Nouveau-Brunswick, indique combien est ancrée dans l’imaginaire collectif cette vision masculine de la politique. Mais par rebond, elle concourt aussi à dessiner la voie du futur, une voie qui réside non seulement dans la reconsidération de l’image typique de l’homme et de la femme, mais bel et bien dans la redéfinition de la politique elle-même.


Activité pour la classe : Toutes choses égales par ailleurs….

Cette activité à réaliser en classe est tirée de la ressource du Réseau Suffragettes et dames de fer. Pour voir la leçon complète, cliquez ici.

Nota : Cette activité est seulement possible si vous avez des ordinateurs avec connexion Internet à votre disposition. Le Réseau Éducation-Médias n’a pas la permission d’utiliser, ni la permission d’autoriser la reproduction des articles liés ci-dessous.

Demandez aux élèves de lire les biographies suivantes :

• Montpetit, Isabelle, « Pauline Marois, Une souverainiste de la première heure », Radio-Canada, juin 2005. 

• Montpetit, Isabelle, « Gilles Duceppe, Un combat : la souveraineté », Radio-Canada.

Ces deux biographies proviennent de la même source, Radio-Canada, ont été écrites par la même journaliste, Isabelle Montpetit, et sont structurées selon le même principe :

• « En bref », qui est une liste chronologique de faits marquants,
• un portrait rédigé,
• « On a dit de… » qui est un morceau choisi dans la presse pour parler de l’intéressé/e.

Demandez aux élèves :

1. Dans la section « En bref », 

a) relevez les verbes à la voie active utilisés pour l’une et l’autre personnalité. Quelle impression cela laisse-t-il de chacun ?

b) relevez les informations (quantité, contenu) sur la famille de chacune des personnalités. Quelle impression cela donne-t-il sur chacun ?

2. Dans la biographie rédigée,
 
a) On parle d’un même événement, à savoir la lutte qui s’engagea pour succéder à Bernard Landry, suite à sa démission. L’issue a ultimement été la même pour Marois et Duceppe. En parle-t-on dans les mêmes termes ? Expliquez en termes de biais.

b) Quels sont les termes et métaphore(s) utilisés dans le portrait de chaque personnage pour décrire son action politique ? Y voyez-vous l’expression de biais ? (si oui, donnez-en le type, en vous aidant du document Types de biais.)

3. Dans « On a dit de… » : que pensez-vous de la citation choisie pour illustrer le portrait de chaque candidat (thèmes, dates de publication). Gardez présent à l’esprit que pour la biographie de Pauline Marois, la dernière mise à jour a été faite en juin 2005.

4. Présentez une synthèse des biais que vous avez relevés dans ces deux biographies, sous forme de lettre que vous adresseriez à la journaliste responsable de ces deux portraits. (Ceci peut servir d’évaluation.) Que pensez-vous du fait que ce soit une femme qui a rédigé ces deux portraits ?

Si vous avez une connexion Internet, proposez aux élèves d’envoyer leur lettre à la journaliste, dont l’adresse courriel apparaît sur la page de ces portraits.


 
25 mai 2009

Wikipédia
par Emmanuelle Erny-Newton

WikipédiaWikipédia est la ressource en ligne la plus utilisée. C’est la première destination des jeunes pour leurs recherches scolaires – et c’est souvent aussi la seule.

Entreprise communautaire d’ambition, elle est un des phares du Web 2.0 : la publication de ses contenus se fait sans intermédiaire, elle est très simple et instantanée –- la signification même du mot Wiki vient du mot hawaïen « wikiwiki », qui signifie vite.
Mais inévitablement, Wikipédia a les défauts de ses qualités : faites-vous partie des détracteurs de l’encyclopédie en ligne (« Comment peut-on faire confiance à un corpus que n’importe qui peut amender ? ») ou êtes-vous de ceux qui n’hésitent pas à s’y référer ? Vérifiez-vous, ou faites-vous vérifier à vos enfants, vos élèves, le contenu de cette encyclopédie toujours en chantier ?

Il est évident que le caractère ouvert de l’encyclopédie en fait une proie facile aux luttes d’influence, à la propagande et à la désinformation. Mais si les contributeurs agissent sous couvert d’un pseudonyme, ils laissent cependant des empreintes digitales (littéralement) de leur passage, et savoir qui révise quoi est une fenêtre directe sur les batailles idéologiques que notre époque affronte. C’est pour éclairer cette dimension jusque là opaque de l’encyclopédie que Wikiwatcher a vu le jour : fruit de l’étudiant en informatique Virgil Griffith, le site met à la disposition des utilisateurs une base de données qui apparie les millions de corrections et ajouts faits dans Wikipédia aux adresses IP de leurs auteurs, permettant par là de repérer les organisations qui s’emploient activement à corriger les articles les concernant, ou à amender ceux de leurs concurrents.

L'Eglise de Scientologie par exemple, a modifié l'article qui porte sur ses activités, ainsi que celui sur Tom Cruise. Elle a aussi ajouté des liens peu élogieux sur l'association américaine de psychiatrie, qui lui est opposée. Le Vatican a  quant à lui cherché à réviser l’article sur le politicien irlandais Gerry Adams, leader du mouvement catholique Sinn Fein, à propos d’une affaire embarrassante. Des ordinateurs du ministère d’Industrie Canada « firent le ménage » sur la page de Jim Prentice au moment où l’ancien ministre de l’Industrie s’apprêtait à présenter l’amendement controversé à la loi sur le droit de copie. Côté corporations, Apple a édité la page de Microsoft pour y ajouter des commentaires négatifs, MySpace a supprimé un paragraphe concernant le piratage de leur site et Walmart a supprimé les critiques concernant sa sous-traitance à l’étranger et l’exploitation de ses employés.

Soit. Mais en tant que pékin nécessitant tout simplement de l’information sur un sujet précis, puis-je faire confiance à Wikipédia ?

Le principe de précaution et de vérification s’applique à Wikipédia – comme à tout site Web, du reste. Mais contrairement aux sites Web courants, Wikipédia est régie par des règles. Car si l’encyclopédie est communautaire, elle est loin d’être anarchique, et sa structure lui donne les moyens de repérer et de contrer les attaques à son intégrité.
 
Parmi les principes fondateurs de Wikipédia on trouve la neutralité de points de vue et les règles de savoir-vivre. En d’autres termes, les articles de l’encyclopédie se doivent de présenter tous les aspects d’un même problème lorsque cela est nécessaire, le tout se construisant dans un esprit de coopération et de cordialité –dans la partie « discussion » d’un article, les commentaires doivent se focaliser sur le contenu, ne jamais devenir personnels, et chacun doit présumer de la bonne foi des autres.
 
En cas de doute sur la qualité d’un contenu, les contributeurs ont à leur disposition des bandeaux de maintenance, affichés en tête de l’article, comme « Le ton de cet article est trop promotionnel ou publicitaire », désaveu de neutralité ; ou encore « Cet article est sujet à caution, car il ne cite pas suffisamment ses sources ». Ceci constitue une mise en garde efficace pour le lecteur, de même que l’évaluation affichée en tête de la page de discussion : si l’article y est évalué « ébauche », ou « bon début » (sujet couvert de manière parcellaire), ou même « B » (article complet mais comportant des biais ou nécessitant une clarification), la réserve s’impose.

Enfin, la teneur des discussions relatives à l’article est souvent instructive : si l’article s’est construit dans l’harmonie, sans soulever de vagues insurmontables entre contributeurs, l’article est sans doute équilibré. Par contre, prudence si une polémique éclate dans la page de discussion : plusieurs points de vue se disputent sans doute l’hégémonie. Mauvais pour la neutralité, ça… Généralement, si les opposants n’ont pas réussi à aboutir à une version consensuelle de l’atricle et que les esprits s'enflamment, les Wikipompiers sont appelés à la rescousse : « Les Wikipompiers sont des médiateurs volontaires informels, qui tentent de mettre fin pacifiquement aux guerres d'édition et aux conflits entre utilisateurs en rétablissant un dialogue constructif et de confiance. ». Une visite à la Wikicaserne indique que les campagnes d’intervention actuelles des Wikipompiers se situent notamment sur les pages « Benoît XVI », « Arabes israéliens » et « Mémoire de l’eau ». Plus inattendus sans doute, des feux ont aussi pris sur les articles « Ecole Polytechnique » et « Portail : Alsace »…
 
Le comité d’arbitrage constitue le dernier ressort d’intervention en cas de conflit : « Le comité d'arbitrage est un groupe de Wikipédiens choisis par la communauté, qui est chargé de régler les conflits entre les participants. Il a le devoir de s'assurer que toutes les possibilités de médiations sont mises en œuvre, et le pouvoir de décider, si nécessaire, des mesures à prendre, qui vont du simple avertissement au blocage temporaire ou définitif des utilisateurs en conflit.(…) Par ailleurs, (…) les membres du comité d'arbitrage désignent les utilisateurs disposant du statut de vérificateur d'adresses IP. »

Aller faire un tour sur la page de discussion d’un article peut donc rapidement donner une idée de sa fiabilité. Cela permet aussi de découvrir une dimension  qui n’est  jamais  présente  dans les encyclopédies et ouvrages « papier » : les traits d’ébauche et les tâtonnements du savoir en train de s’organiser. Il est particulièrement intéressant d’attirer les jeunes dans ces coulisses, afin de leur faire ressentir qu’un savoir est une construction, et non une vérité indiscutable et figée. Non un produit fini, mais une matière en devenir, à laquelle tous, même eux, peuvent contribuer.

Et si, pour l’enseignant et ses élèves, la richesse de Wikipédia se trouvait plus dans ce processus d’élaboration que dans le produit fini ? Le théoricien des médias et critique culturel Neil Postman défend l’idée que l’environnement d’apprentissage est plus important que le contenu de cet apprentissage. A une époque où tous les contenus, peu ou prou, sont accessibles depuis Internet, la remarque paraît d’autant plus fondée. Utilisée en classe, Wikipédia pourrait donc devenir une réelle entreprise d’apprentissage pour les élèves : de par son caractère heuristique, l'encyclopédie en ligne est rarement bloquée par les commissions scolaires ou les écoles ; et son authenticité – elle appartient au « monde réel », et non à l’univers distinct de l’école –-  peut pallier à la fameuse « crise de sens » dont parle Michael Wesch dans son article Anti-teaching : confronting the crisis of significance :  « (…) pour beaucoup d’élèves et d’enseignants, l’éducation est devenue un jeu de notes relativement dénué de sens ». « Lorsque les élèves se rendent compte de leur propre importance à façonner le futur de cette société de plus en plus globale et interconnectée, le problème du sens disparaît. »

Justement, Wikipédia, entreprise communautaire, accueille les nouveaux arrivants à bras ouverts : elle leur a concocté un « bac à sable » pour s’entraîner, s’ils le souhaitent, avant de se lancer dans le terrassement direct d’articles en ligne. Elle exhorte l’utilisateur : « N'hésitez pas à modifier les articles ! Cette règle d'or fait que le projet progresse continuellement par l'initiative personnelle des participants. » ; et elle rappelle que rien n’est irréversible sur Wikipédia, grâce à l’historique. L’entreprise encyclopédique comprend même un système de parrainage des nouveaux, qui permet de tisser la communauté en même temps que le savoir.
Et si Wikipédia est trop ardue pour la collaboration des plus jeunes, Wikimini, destinée aux 8-13 ans, prend le relai. Lancée début octobre 2008, cette initiative d’un enseignant permet « de sensibiliser les enfants aux principes de rédaction de Wikipédia, encyclopédie libre de référence, dont ils seront probablement les rédacteurs de demain ».


Visitée en tant qu’utilisateur, Wikipédia donne, tout au plus, du contenu.

Abordée en tant que contributeur, elle devient à la fois un terrain pour articuler ses connaissances, et un lieu où pratiquer sa citoyenneté numérique.
 
Si, en reprenant Marshall McLuhan, le médium est le message, Wikipédia est un message d’apprentissage communautaire et de structuration du savoir.

N’est-ce pas là aussi le but de l’école ? 


Ce blogue s’inspire en partie de la nouvelle version de Fait ou fiction, notre ressource de développement professionnel traitant de l’authentification de l’information en ligne .

 
20 avril 2009

Êtes-vous téléphage ?
par Emmanuelle Erny-Newton

Lève-toi et marcheAvec avril, voici revenue « la semaine sans télé », une semaine particulièrement suivie dans les écoles québécoises, où certaines ont même courageusement élargi le défi à dix jours, et à tous les écrans (ordinateur, Game Boy, etc…). Car force est de constater que, même si le visionnement de la télévision décline, depuis quelques années, c’est aux dépens d’autres écrans.

Le temps que les gens –tous âges confondus- passent devant la télévision est astronomique : trois heures par jours, en moyenne, dans les pays industrialisés. Mis à part le travail et le sommeil, c’est l’activité à laquelle on consacre le plus de temps : si vous vivez jusqu’à 75 ans, vous aurez passé neuf ans devant le petit écran. Étonnant, non ? Non : en fait, tout le monde le sait. Les français, qui sont gens à se moquer (y compris d’eux-mêmes) ont même inventé une récompense pour ces émissions qu’on regarde sans vraiment savoir pourquoi : les Gérards de la Télé, pastiche des Césars… ou des Oscars, et destiné à récompenser le pire de la télé française, distingue la catégorie Gérard de l’émission que tu regardes et à un moment vers la fin tu te dis « ***, ça fait combien de temps que je regarde cette daube ? »

Alors pourquoi ? Pourquoi regardons-nous ainsi la télévision, non par envie, mais par défaut ?

Il y a quelques années, le Scientific American sortait un numéro intitulé TV : are you addicted ? . Dans leur article Television addiction is no mere metaphor, Robert Kubey et Mkhaly Csikszentmihalyi replaçaient la dépendance à la télévision dans la perspective de l’évolution humaine : à l’époque préhistorique où l’Homme tombait plus souvent dans la catégorie « proie » que « prédateur », sa survie dépendait de son aptitude à repérer les mouvements et les bruits dans sont environnement –à anticiper l’animal prêt à bondir et à le dévorer. C’est la réponse d’orientation, décrite par Pavlov en 1927 comme la réaction visuelle et auditive instinctive  à tout stimulus soudain ou nouveau. L’œil et l’oreille humains ont évolué pour être attirés par le mouvement et le bruit de façon réflexe. D’où, quelques milliers d’années plus tard, notre difficulté à nous soustraire de ce flot incessant de sons et d’images animées que nous propose la télévision.

Mais revenons à la Semaine sans télé : si vous décidez de tenter l’expérience, rendez-vous compte que cela va vous dégager trois heures par jour ! Vingt et une heures pour la semaine ! Imaginez : qu’allez-vous faire de ce fabuleux temps libre ?
Pour le téléspectateur moyen, il y a deux réponses réellement honnêtes à cette question : « Paniquer ! », et… « Regarder la télé ».

Paniquer
Du propre aveu des personnes qui ont tenté l’expérience, ce sont les premiers jours sans télé qui sont les pires. En effet, il faut trouver à remplir ce temps que la télévision occupait pour nous. Cela demande de l’énergie. Mais, là encore  du propre aveu des intéressés, cela donne aussi beaucoup plus de satisfaction : alors qu’après avoir regardé la télévision, l’humeur du téléspectateur reste la même, ou se dégrade,  après avoir pratiqué un sport ou un passe-temps, les gens notent une amélioration de leur humeur. Alors, tenté ?

Regarder la télévision
Entendons-nous : le but de la Semaine sans télé n’est pas de diaboliser le petit écran, ni ne vise à défaire une bonne fois le public de cette mauvaise habitude. Le but est de secouer sa passivité télévisuelle, de faire le tri. Ces émissions, celles auxquelles vous tenez réellement –celles que vous ne vous voyez pas abandonner pendant la Semaine-, il y a gros à parier que ce sont celles dont vous parlez avec vos amis, avec vos collègues, et en famille. Celles-là rejoignent le but ultime de la semaine, qui est de favoriser la communication entre les membres d’une même famille et d’une même communauté.

La Semaine sans télé nous invite à secouer nos habitudes télévisuelles, à les questionner, et à décaper notre regard pour que la télévision ne soit pas un passe-temps sans substance, un tampon de chloroforme virtuel, une machine à se procrastiner l’existence.


Mais parlons d’autre chose : qu’est-ce que vous faites ce soir ?

 

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